Les enjeux de la visite d’État du Président Emmanuel Macron à Pékin et Shanghai [中文]

En mars 2019, nous célébrions le 55e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine. Dans le cadre de la visite d’Etat du Président chinois en France, les Présidents XI Jinping et Emmanuel Macron avaient plaidé pour un multilatéralisme fort, des règles communes entre les États et une coopération renforcée :

« La France et la Chine estiment que dans le contexte actuel, l’attachement au multilatéralisme est la meilleure façon de promouvoir la coopération internationale face à la multiplication des risques et des défis communs, et de préserver la paix et la prospérité dans le monde. »

Extrait de la déclaration conjointe entre la France et la Chine sur la préservation du multilatéralisme et l’amélioration de la gouvernance mondiale.

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Lors de son premier déplacement en Chine, en janvier 2018, le Président de la République a exposé sa vision de ce que devait être la relation franco-chinoise (revoir le discours à Xi’an). Une feuille de route bilatérale avec des actions et des projets concrets a alors été établie. Mais, entretenir des liens réguliers avec nos partenaires chinois est indispensable pour avancer. Fort de ce constat, le Président Emmanuel Macron s’est engagé à s’y rendre une fois par an, et les échanges se sont multipliés : visites, rencontres en marge des grands sommets comme le G20, ou encore points réguliers par téléphone.

Retour en images sur la visite du Président Emmanuel Macron en Chine en janvier 2018.

En mars 2019, le Président XI est à son tour venu en visite d’Etat en France. Le Président de la République avait tenu à l’accueillir à l’Elysée avec la Chancelière allemande Angela MERKEL et le Président de la Commission européenne, Jean-Claude JUNCKER, afin de montrer un front européen uni dans le dialogue noué avec la Chine.

Un an après son premier voyage officiel en Chine, et sept mois après la visite d’État en France du Président XI Jinping, le chef de l’État effectue sa deuxième visite en Chine, avec deux étapes : Shanghai et Pékin. Au cœur du programme et des échanges avec nos partenaires chinois : la défense des intérêts économiques et commerciaux français et européens, la culture et la protection de l’environnement.

Un pas en avant très concret pour développer une approche européenne unie face à la Chine

Dans le concert des Nations, c’est avec l’ensemble des membres de l’Union européenne que la France peut le mieux porter les projets communs. Cette voix unie de l’Union européenne est essentielle dans la relation avec la Chine. Les 28 États membres ont récemment pris conscience de la nécessité d’adapter le logiciel de l’Union européenne aux nouvelles réalités du monde. Le Conseil européen des 21 et 22 mars 2019 était d’ailleurs consacré à cet enjeu majeur.

Ainsi, le 26 mars 2019, lors de la visite d’État en France du Président chinois, le Président Emmanuel Macron a tenu à organiser une rencontre à dimension européenne : c’est avec la Chancelière Angela Merkel et le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qu’il a accueilli le Président XI au palais de l’Élysée. Des points de convergence ont été trouvés entre la Chine et l’Union européenne sur des sujets majeurs : sur la paix et la sécurité internationale, sur la lutte contre le changement climatique sur la nécessité de réformer les règles du commerce mondial.

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Le voyage du Président de la République en Chine s’inscrit dans cette volonté de renouveler la relation entre l’Union européenne et la Chine, en ayant une approche coordonnée entre États membres.

Ce voyage revêt en effet une dimension européenne forte. Le Président de la République sera accompagné de Phil HOGAN, représentant de la Commission européenne et actuel commissaire à l’Agriculture, ainsi que de Anja KARLICZEK, Ministre de l’Éducation et de la Recherche allemande. Ils échangeront dès leur arrivée à Shanghai avec une délégation composée d’acteurs économiques français et allemands, sur les conditions d’accès au marché et de concurrence pour les entreprises européennes souhaitant se développer sur le marché chinois. Phil HOGAN assurera prochainement une mission essentielle au sein de la nouvelle Commission, en devenant commissaire européen au commerce. Sa présence, aux côtés de la France et des représentants allemands est un signal important pour la défense des intérêts économiques et commerciaux européens en Chine.

Pour une relation commerciale basée sur l’équilibre et la réciprocité

Le protectionnisme, la guerre commerciale entre pays, génèrent des déséquilibres économiques qui desservent les acteurs économiques, les consommateurs et les citoyens. Ils constituent notamment un frein au développement de nos entreprises et, in fine à la création d’emplois.

Le Président de la République se rendra, en tant qu’invité d’honneur, à la deuxième édition de la Foire internationale des importations à Shanghai, le CIIE (China International Import Expo). Cette Foire annuelle a été lancée par le Président XI Jinping pour marquer sa volonté d’organiser l’ouverture de l’économie chinoise, afin de permettre aux près de 1,4 milliard de consommateurs chinois de bénéficier de produits de qualité. Ce grand évènement s’adresse donc aux entreprises étrangères qui souhaitent promouvoir leurs exportations vers la Chine.

Sous l’impulsion du Président chinois, cet évènement est un rendez-vous majeur en Chine pour les investisseurs. Il aura lieu dans le plus grand centre d’expositions du monde. Lors de l’édition précédente, la foire a accueilli plus de 150 000 acheteurs chinois et 5 000 exposants de 100 pays.

La participation du Président de la République à la Foire de Shanghai sera l’occasion d’aborder, au bénéfice de nos entreprises – notamment issues des secteurs agricole et agroalimentaire – le sujet de l’accès au marché chinois. L’objectif pour la France et pour l’Europe est d’obtenir une meilleure ouverture du marché chinois pour ses entreprises.

Pour y parvenir, deux accords sont actuellement en cours de discussion entre l’Union européenne et la Chine. Le premier concerne les indications géographiques protégées (IGP), qui certifie la qualité des produits européens entrant sur le marché chinois. Cet accord concerne 26 IGP françaises, notamment des vins et des fromages français, qui pourront ainsi bénéficier d’une protection à leur entrée sur le marché chinois. Le second accord concerne la protection des investissements et l’accès au marché.

La France portera un message de défense du multilatéralisme en poussant les principes d’accès au marché, de conditions de concurrence équitable, de réciprocité et de baisse des tensions commerciales. La Chine doit à ce titre accompagner son discours d’actions concrètes et des résultats tangibles.

Durant sa visite, le Président de la République sera accompagné de grands groupes, mais également de petites et moyennes entreprises françaises afin d’illustrer différentes facettes du savoir-faire français et la richesse de son écosystème économique. A l’instar de son appel lors de l’événement BIG en octobre dernier, il souhaite encourager les entreprises qui souhaitent se développer à l’ international, quelle que soit leur taille, à s’exporter sur le marché chinois.

Renforcer encore davantage notre partenariat culturel

Un lien particulier s’est noué entre les artistes et écrivains chinois et la France, en particulier depuis le début du XXème siècle. Dans les années 1920, on parlait chinois dans les couloirs des Beaux-Arts et l’écrivain Pa Kin écrivait ses premiers romans en France. Dans les années 1950, Zao Wou-ki était l’une des grandes figures de la nouvelle Ecole de Paris. Dans les années 1980, une nouvelle génération d’artistes talentueux profitait de l’ouverture pour se rendre en France, s’y former, créer et parfois y faire leur vie. Ils ont vite été adoptés par la France et ont nourri la culture française de leur regard différent.

Témoignage vivant de ce lien particulier : Yan Pei-Ming. Cet artiste plasticien contemporain chinois, a appris l’Art à Dijon, y est resté fidèle. Son exposition en hommage aux œuvres de Gustave Courbet, à Ornans où le Président de la République s’est rendu, et au Musée d’Orsay, démontre à elle seule la force de ce lien culturel historique qui perdure aujourd’hui.

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Yan Pei-Ming accompagnera en Chine le Président Emmanuel Macron, aux côtés d’autres artistes qui ravivent de par leurs histoires, leurs œuvres, ou leurs expositions en France et en Chine, ce lien culturel partagé, comme Gong Li, Jean-Michel Jarre, Annette Messager, Sophie Calle, Dai Sijie, ou encore – par Toutatis ! – Guillaume Canet qui prépare le prochain film Astérix en Chine.

Concrétisation de l’annonce conjointe du 9 janvier 2018 à Pékin : le Président de la République inaugurera le Centre Pompidou de Shanghai. Il s’agit de la première antenne du Centre Georges Pompidou en dehors de l’Europe (deux antennes existent déjà à Malaga et Bruxelles)

Le Centre Pompidou West Bund Museum – dessiné par l’architecte britannique David Chipperfield, ce qui souligne une dimension européenne – permettra à la France de faire rayonner jusqu’à Shanghai sa collection d’art moderne et contemporain. Après celle du très célèbre MoMa à New York, c’est la deuxième plus importante au monde.

Le thème choisi pour démarrer le premier cycle de cinq ans d’exposition : « The Shape of Time », la forme du temps.

Prochaine grande étape du renforcement de notre partenariat culturel avec la Chine : l’organisation en 2021 d’une année franco-chinoise du tourisme culturel. Un évènement inédit, pour le plaisir des touristes, qui auront l’occasion de découvrir toute la richesse, notamment architecturale, muséale, théâtrale, de nos deux pays.

Des engagements communs pour le climat et la biodiversité

Les déclarations franco-chinoises sur le changement climatique, adoptées en marge des Sommets du G20 de Buenos Aires puis d’Osaka ont permis de marquer l’ambition partagée par la France et la Chine sur la question climatique et la biodiversité. Ensemble, nos deux pays ont la capacité de créer un effet d’entrainement d’autres pays pour qu’ils s’engagent davantage pour le climat et la biodiversité.

Dès 2017, la France et la Chine ont porté ensemble la nécessité de préserver l’Accord de Paris, à la suite de la sortie des États-Unis. Au G20 d’Osaka, nos deux pays ont signé un texte auquel le secrétaire général de l’ONU s’est associé, qui mentionne la nécessité d’être au rendez-vous pour le relèvement de l’ambition climatique (réduction de nos émissions) en 2020.

Cet engagement est partagé par de plus en plus d’États, notamment au sein de l’Union européenne.

La France et la Chine ont également un agenda commun pour la biodiversité. La Chine organisera en octobre 2020 la COP15 à Kunming. En accueillant à Marseille, en juin 2020, le Congrès Mondial de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), la France contribuera à préparer la COP15.

Le Président de la République avait également reçu à l’Elysée les experts de l’IPBES, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, à l’occasion de la publication du premier rapport scientifique de référence sur la biodiversité. Il s’était alors engagé à agir pour la préservation de la biodiversité, sujet qui était au cœur du G7 de Biarritz.

publié le 07/11/2019

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