Quel est l’impact d’une co-infection par les virus de la dengue, Zika et Chikungunya ? Dimitri Lavillette invité à la réunion scientifique annuelle du Stanley Ho Centre for Emerging Infectious Diseases (CUHK)

Le 21 septembre 2017, le professeur Dimitri Lavillette, qui dirige l’unité de recherche sur la transmission inter-espèces d’arbovirus de l’Institut Pasteur de Shanghai, était invité à participer à la réunion scientifique annuelle du centre de recherche sur les maladies infectieuses émergentes de la Chinese University of Hong Kong (Stanley Ho Centre for Emerging Infectious Diseases, CUHK).

Dimitri Lavillette est un ancien chercheur du CNRS. Depuis 2014, il est Expert Technique International (ETI) pour le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et il dirige une équipe de recherche à l’Institut Pasteur de Shanghai, institut rattaché à l’Académie chinoise des sciences (CAS). Ses recherches portent sur l’étude des mécanismes d’entrée dans la cellule de deux virus transmis par les moustiques (arbovirus), le virus de la Dengue et le virus Zika. Les 6 et 7 mars 2017, sous l’impulsion du service de coopération scientifique du consulat général de France à Hong Kong et Macao, Dimitri Lavillette s’était rendu à Hong Kong pour rencontrer des chercheurs en virologie et créer un réseau avec des scientifiques hongkongais. Lors de son passage au Stanley Ho Centre for Emerging Infectious Diseases, l’un des principaux centres de recherche dédié aux maladies infectieuses à Hong Kong, rendez-vous avait été pris pour présenter ses recherches à l’occasion de la 14ème réunion scientifique annuelle du centre le 21 septembre 2017 (pour plus de détails, visiter la page web du centre).

Face à l’émergence ou la réémergence de virus transmis par les moustiques et l’agrandissement des zones géographiques où ils circulent, il existe désormais davantage de régions où plusieurs de ces virus sont endémiques comme le virus de la dengue, le virus Zika, et le virus Chikungunya. En conséquence, les probabilités d’infection simultanée par plusieurs de ces virus augmentent. Comment l’infection par un premier virus modifie-t-elle l’hôte infecté, et comment la réaction de l’hôte influence-t-elle les mécanismes de l’infection par un second virus ? Ce sont ces questions qui animent Dimitri Lavillette et son équipe, car elles sont cruciales pour une meilleure compréhension des maladies et de leur épidémiologie lors d’épidémies simultanées, et donc de leur traitement. Le chercheur a montré, sur des cultures cellulaires de moustiques, qu’une pré-infection par le virus Chikungunya augmente la permissivité des cellules à une infection par le virus de la dengue ainsi que la production de nouveaux virus par ces mêmes cellules. Un phénomène qu’il a également observé pour deux autres virus après une pré-infection par le virus Chikungunya : le virus de la fièvre jaune et le virus Zika. Son laboratoire s’attache désormais à confirmer ces résultats chez le moustique in vivo.
L’objectif des futures recherches de Dimitri Lavillette va être de décortiquer les interactions moléculaires entre ces virus lors d’une co-infection. Ce type de travaux, qui peut permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, bénéficierait de l’expertise du HKU-Pasteur Research Pole dans le domaine. Les liens entre Dimitri Lavillette et la recherche hongkongaise pourraient donc être amenés à se prolonger !

publié le 22/09/2017

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