Hong Kong Asian Film Festival

Le Hong Kong Asian Film Festival fête cette année sa dixième édition et aura lieu du 25 octobre au 19 novembre. Même si son nom ne le laisse pas supposer, le cinéma français y sera bien représenté avec une rétrospective dédiée au réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh dont l’œuvre est imprégnée du travail de mémoire et de la douleur des survivants du régime de Pol Pot.

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Rithy Panh était l’invité de Kathleen Evin dans l’émission L’Humeur Vagabonde sur France Inter, découvrez le podcast ici pour en savoir plus sur ce cinéaste hors du commun !

Toutes les informations sur le festival et les billets ICI

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Découvrez sur grand écran l’oeuvre de Rithy Panh :

- Site 2 - Aux abords des frontières
Ce premier long métrage de Rithy Panh, a été réalisé aux abords de la frontière cambodgienne du côté thaïlandais. Le réalisateur revient sur le camp de réfugiés "Site 2" dans lequel 180.000 Cambodgiens survivaient et où il a lui-même séjourné quelques semaines après la fin chaotique du régime des Khmers rouges. Après son arrivée en France, dix ans ont été nécessaires pour se reconstruire, pour retrouver sa langue maternelle qu’il ne voulait plus parler après avoir voulu être "le plus loin possible de son passé". En faisant corps de manière sobre délicate avec l’expérience de Yim Om, survivante du génocide rencontrée dans les dédales du camp, Rithy Panh fait apparaître les conditions de vie qui sont celles de bon nombre des réfugiés de la planète, existences déracinées et en attente, administrées par les institutions humanitaires. Le film esquisse surtout les exigences qui seront celles du réalisateur le long de son parcours cinématographique d’exilé : "Remonter la piste qui mène au coeur de la même question qui a bouleversé mon existence et surtout celle de mon pays : pourquoi ?"

- Les Gens de la Rizière
Jadis, lorsque le riz arrivait à maturité, il quittait les champs et s’envolait vers le ciel avant de venir se reposer dans les greniers des villages. Nul n’avait besoin de le cultiver, de le surveiller, ni de le récolter. C’était un don accordé par Dieu à la vie de l’homme. Un jour, près d’un grenier, un homme et son épouse se disputèrent violemment, faisant des bruits désagréables, prononçant des mots injurieux qui offensèrent le Dieu du riz. Dans un moment de colère, la femme frappa même les grains avec une planche. Le Dieu, blessé, abandonna le village pour se réfugier dans une fente de rocher, au coeur des montagnes sauvages. La famine commença alors à gagner le pays. Les villageois firent plusieurs démarches pour apaiser le Dieu du riz, mais celui-ci furieux, refusa de quitter sa cachette. Ils lui envoyèrent alors un émissaire, le poisson Slat, très plat, qui lui raconta leur détresse, sut adoucir sa colère et le convaincre de redescendre dans les plaines. Mais le Dieu du riz exigea plusieurs conditions...

- Un Soir Après la Guerre
Rithy Panh a l’âge de son héros Savannah. Comme lui, il a vécu enfant le régime de Pol Pot, comme lui une partie importante de sa famille a été exterminée. Savannah, profondément meurtri déborde de vie, son énergie est sans limite. Srey Poeuv veut mourir car jamais elle ne pourra effacer l’humiliation de ce qu’elle est devenue. “La guerre rend fou et brise toutes les solidarités” rappelle Rithy Panh. Dans cet univers d’extrême précarité, il raconte l’histoire d’une passion qui entraînera celui qui voulait vivre à la mort et celle qui voulait mourir à vivre dans le souvenir de son amour...

- La Terre des âmes errantes
De nombreux Cambodgiens trouvent un emploi à la pose du câble de fibre optique qui, depuis l’Europe, suit la route de la soie : paysans sans terre, soldats démobilisés, familles sans ressources.

- S-21 : La machine de mort Khmer rouge
Au Cambodge, sous les Khmers rouges, S21 était le principal "bureau de la sécurité". Dans ce centre de détention situé au cœur de Phnom Penh, près de 17.000 prisonniers ont été torturés, interrogés puis exécutés entre 1975 et 1979. Trois d’entre eux seulement sont encore en vie. "S21 La machine de mort Khmère Rouge" tente de comprendre comment le parti communiste du Kampuchea démocratique (l’Angkar, l’Organisation) a organisé et mis en œuvre sa politique d’élimination systématique. Pendant près de trois ans, Rithy Panh et son équipe ont entrepris une longue enquête auprès des rescapés, mais aussi auprès de leurs anciens bourreaux. Ils ont convaincu les uns et les autres de revenir sur le lieu même de l’ancien S21, actuellement reconverti en musée du génocide, pour confronter leurs témoignages.

- Le Papier ne peut pas envelopper la braise
Un visage dans une lumière rouge...
Pourquoi ne rentres-tu pas maintenant au village ?
Je ne veux pas... J’ai honte.
Personne ne sait ton histoire. Si tu veux, je t’aiderai... Retourne au village.
Non. J’ai honte. Personne ne sait ce que je fais ici à Phnom Penh. Mais moi je le sais.
Le film se situe au plus proche de la vie, donc de la mort spirituelle d’une prostituée. L’ultime déchéance sociale se solde par l’irréparable injustice d’un processus irréversible : la destruction d’un corps.
C’est pour moi un engagement, une tentative de réparation : revenir sur mon incapacité à réagir face à l’intolérable.
Le projet du film vient de là. En moi la détresse se mêle à la colère, j’en veux à ceux qui vont voir ces “putains”, à l’indifférence, à la misère, à la bonne conscience. Alors le film ressemble à cette rage, morcelé, tranchant comme les débris d’un rêve.

- L’Image Manquante
Il y a tant d’images dans le monde, qu’on croit avoir tout vu. Tout pensé. Depuis des années, je cherche une image qui manque.
Une photographie prise entre 1975 et 1979 par les Khmers rouges, quand ils dirigeaient le Cambodge. A elle seule, bien sûr, une image ne prouve pas le crime de masse ; mais elle donne à penser ; à méditer. A bâtir l’histoire.
Je l’ai cherchée en vain dans les archives, dans les papiers, dans les campagnes de mon pays. Maintenant je sais : cette image doit manquer ; et je ne la cherchais pas - ne serait-elle pas obscène et sans signification ? Alors je la fabrique. Ce que je vous donne aujourd’hui n’est pas une image, ou la quête d’une seule image, mais l’image d’une quête : celle que permet le cinéma.
Certaines images doivent manquer toujours, toujours être remplacées par d’autres : dans ce mouvement il y a la vie, le combat, la peine et la beauté, la tristesse des visages perdus, la compréhension de ce qui fut ; parfois la noblesse, et même le courage : mais l’oubli, jamais.

publié le 18/10/2013

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