Focus santé & Société - Recherche sur le virus H7N9 au HKU-Pasteur Research Pole. (09/03/2014)

Article rédigé le 09/03/2014

PNG

Les virus grippaux appartiennent au genre Orthomyxoviridae. Ils sont divisés en trois classes : A, B et C. Le type A est subdivisé en plusieurs sous-types selon le type de glycoprotéines présentes sur l’enveloppe virale (HA et NA).

PNG

Illustration numérique en couleur du virus de la grippe
Crédits : dileep


Caractéristique des génomes à ARN simple brin, les virus grippaux subissent un taux de mutation important entraînant une variabilité des antigènes de surface HA et NA importante. Des changements mineurs ("antigenic shift") de la structure des protéines virales arrivent fréquemment, permettant au virus d’échapper au contrôle du système immunitaire de l’hôte causant ainsi des épidémies saisonnières. Les changements majeurs ("antigenic drift") sont eux la résultante d’une recombinaison génétique entre différents virus de type A de différents hôtes, pouvant générer un virus aux caractéristiques nouvelles éventuellement capable de causer une pandémie humaine locale ou globale.

Les virus à fort potentiel pandémique constituent une menace importante pour la santé humaine par leur capacité à se répandre très rapidement et ainsi à infecter un nombre important de personnes. A titre d’exemple, la grippe espagnole de 1918, qui causa plus de 50 millions de morts, fut caractérisée par un taux de mortalité exceptionnellement élevé (10% contre 0.1% pour les grippes saisonnières habituelles). Récemment deux virus d’origine aviaire retiennent l’attention de la communauté scientifique : les virus H5N1et H7N9. Le H7N9 est un virus circulant de manière pérenne chez les volailles. En mars 2013, le premier cas d’infection par H7N9 chez l’homme fut reporté en Chine continentale, le virus s’est ensuite répandu dans plusieurs régions chinoises causant un total de 144 infections pour 46 cas fatals (durant l’année 2013). Courant 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit H7N9 comme un virus "anormalement dangereux pour l’homme" notamment par son taux de mortalité élevé. Jusqu’à maintenant aucun cas de transmission d’homme à homme n’a été formellement identifié, mais des études chez le modèle humain (furet) suggèrent que le virus H7N9 possède ce potentiel [1]. Contrairement au virus H5N1 (virus aviaire également), le H7N9 ne tue pas les volailles infectées ce qui rend le travail de surveillance plus délicat.

En Juillet 2013, des chercheurs du Hong-Kong University-Pasteur Research Pole (HKU-PRP), laboratoire de l’Institut Pasteur intégré à la Faculté de Médecine de l’Université de Hong Kong [2], furent les premiers à caractériser la pathogénicité du virus H7N9 chez la souris [3]. Dans une seconde étude récemment publiée dans le Journal of Virology [4], Chris Mok et als’intéressèrent aux déterminants génétiques permettant au virus H7N9 aviaire de s’adapter et se répliquer chez les mammifères. Certaines mutations clés sur le segment PB2 (un des constituants viral assurant la réplication du virus) furent caractérisées pour leur importance à améliorer l’aptitude du virus à se répliquer chez les mammifères. Ces résultats mettent donc en exergue certains déterminants génétiques important pour la virulence et l’adaptation du H7N9 chez les mammifères. Une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires sous-jacents permettront de mieux comprendre comment les virus aviaires parviennent à s’adapter et à se répliquer chez l’homme.

Sources :

- [1] Nature 501, 26/09/2013 - http://www.nature.com/nature/journal/v501/n7468/full/nature12476.html
- [2] BE Chine 130 - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/74951.htm
- [3] American Society for Microbiology, 02/07/2013 - http://mbio.asm.org/content/4/4/e00362-13.short?rss=1
- [4] Journal of Virology, 03/2014 - http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24403592

Rédacteur :
Mxime LESTRA, Chargé de mission scientifique - Hong Kong

publié le 29/04/2015

haut de la page