Focus Recherche & Enseignement - Des métaux lourds dans l’air hongkongais. (01/08/2014°

Article rédigé le 01/08/2014

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S’il est reconnu que l’air de Hong Kong n’est pas de bonne qualité [1], avec notamment des niveaux de particules fines PM2.5 très élévés, peu d’études se sont concentrées sur la nature même de ces particules. Or, un article publié par le South China Morning Post en mai 2014 [2] rapporte que ces particules contiennent des métaux lourds, élément très dangereux pour la santé.

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Figure 1 : Observation des particules PM2.5 par microscopie électronique [5] - Crédits : Microscopic observation of metal-containing particles from Chinese continental outflow observed from a non-industrial site. Environ Sci Technol. (2013) 47:9124-31. Li W, Wang T, Zhou S, Lee S, Huang Y, Gao Y, Wang W.


Selon le Hedley Environmental Index publié par l’école de Santé Publique de l’University of Hong Kong [3] seulement 50 jours de l’année ont été enregistrés comme "clairs" en 2013 ; c’est le nombre le plus bas sur les 4 dernières années. Les autorités de Hong Kong prennent ce problème très au sérieux et, depuis début 2013, les mesures pour lutter contre la pollution se sont multipliées. Un nouvel outil de suivi de la qualité de l’air a été mis en place en janvier 2014 [1]. A partir des mesures des concentrations en polluants réalisées au niveau de 14 points de collecte d’échantillons sur le territoire de Hong Kong, un index de qualité de l’air (Air Quality Health Index, AQHI) est calculé. Cet index permet d’informer la population sur la qualité de l’air et d’alerter sur les risques pour la santé liés à la qualité de l’air en temps réel [4].

Parmi les polluants majeurs les particules fines, PM2.5, retiennent tout particulièrement l’attention du public. Capables de se loger au plus profond des poumons, ces particules sont les plus dangereuses pour la santé. A Hong Kong, bien que les concentrations atmosphériques en PM2.5 restent faibles comparativement à la plupart des centres urbains de Chine continentale, les concentrations moyennes annuelles sont 2 à 3 fois plus élevées que le seuil recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avec des pics de concentrations pouvant être 8 fois plus élevées que le maximum recommandé par l’OMS. Cependant, ce qui inquiète d’avantage les scientifiques, au-delà de la présence de particules fines dans l’air, est la composition de ces particules.

Le Professeur Li Weijun, spécialiste en Science de l’environment à la Shandong University de Jinan, en collaboration avec des chercheurs de la Polytechnic University of Hong Kong, ont analysé, par microscopie électronique, des échantillons de particules PM2.5 prélevés dans toute la Chine. Cette étude a mis en évidence la présence de métaux lourds au sein de ces particules (Figure 1) [5]. Ainsi, 18% des particules fines analysées à partir d’échantillons prélevés à Hong Kong, durant l’hiver, contiennent des métaux lourds, dont du Zinc. Ces métaux sont très toxiques et peuvent provoquer un vieillissement prématuré des cellules et des cancers.

A long terme, ce phénomène pourrait devenir un grave problème de santé publique à Hong Kong où la qualité de l’air, et donc la qualité des particules fines, dépend non seulement de l’activité hongkongaise mais aussi de l’activité de toute la région du détroit de la rivière des perles. Une attention particulière devrait également être portée sur les conditions de travail dans les entreprises de recyclage des composants électroniques dont les locaux sont hautement contaminés par des particules chargées en métaux lourds [6].

Sources :

- [1] BE Chine 128, La pollution de l’air toujours très préoccupante à Hong Kong,http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/74697.htm
- [2] Article publié par le South China Morning Post, le 31 mai 2014, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ww7NG
- [3] Hedley Environmental Index, http://hedleyindex.sph.hku.hk/html/en/
- [4] BE Chine 130, De l’API à l’AQHI, le nouvel indicateur de la qualité de l’air à Hong Kong,http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/74944.htm
- [5] Microscopic observation of metal-containing particles from Chinese continental outflow observed from a non-industrial site. Environ Sci Technol. (2013) 47:9124-31. Li W, Wang T, Zhou S, Lee S, Huang Y, Gao Y, Wang W.
- [6] Human health risk assessment based on trace metals in suspended air particulates, surface dust, and floor dust from e-waste recycling workshops in Hong Kong, China. Environ Sci Pollut Res Int. (2014) 21:3813-25. Lau WK1, Liang P, Man YB, Chung SS, Wong MH.

Rédacteur :

Isabelle SAVES, Attachée de mission scientifique - Hong Kong

publié le 29/04/2015

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