Discours d’Emmanuel Macron à la communauté française de Pékin en Chine

"Plus vous réussissez ici, plus la France réussit, mais dites-vous aussi qu’à chaque instant il faut voir comment permettre à la Chine de relever les défis qui se sont les siens, parce que ça renforcera encore notre légitimité dans ce pays".

Ambassade de France à Pékin, le 10 janvier 2018

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Bonjour. Je vois que vous vous tenez chaud, et donc c’est parfait. Ecoutez, Madame la ministre, Messieurs les ministres, Mesdames Messieurs les parlementaires, Monsieur l’ambassadeur, Madame, Mesdames et Messieurs, chers amis, chers compatriotes.
Nous sommes très heureux, avec mon épouse, d’avoir passé ces 3 jours, accompagnés de plusieurs ministres du gouvernement et d’une délégation très nourrie d’organismes publics, d’entrepreneurs, de parlementaires donc, pour cette première visite d’État en Chine.

Je veux d’abord commencer par vous souhaitez la belle année, une bonne et heureuse nouvelle année, vous qui vivez entre deux temps, en quelque sorte, donc je peux encore légalement vous souhaiter la bonne année calendaire pour ce qui nous concerne, et bientôt la bonne année chinoise que vous aurez à vivre ici sur place.
Vous êtes, ici, dans notre ambassade, quelques-uns de ces visages de la présence française, ou franco-chinoise parfois, en Chine, et je veux dire combien ce lien que vous représentez, et qu’à Paris représente la diaspora chinoise, est important à mes yeux, est une chance pour la relation bilatérale, est le fruit, aussi, d’une histoire riche, profonde, à laquelle nous tenons parce que, elle est aujourd’hui un atout inédit pour la France. Cette histoire a commencé il y a bien longtemps, d’aucun donnent la date de Louis XIV véritablement, quand certains émissaires chinois étaient envoyés pour préserver justement les manuscrits offerts par l’Empereur Kangxi à la cour de France, et puis, des premières Routes de la soie, aux missions des uns et des autres, ces histoires communes se sont faites.

La Chine a toujours fasciné la France, je l’ai redis dans mon discours de Xian il y a 2 jours, c’est la France qui la première s’est intéressée à expliquer la Chine au reste de l’Europe, et l’école de sinologie française a toujours fait référence et continue de faire référence, de même que la France a toujours fasciné la Chine, avec une présence qui ne s’est jamais démentie et un goût très particulier.

Nous avons même partagé des moments difficiles, et je n’oublie pas non plus les milliers de Chinois qui sont venus durant la Première Guerre mondiale aux côtés des Françaises et des Français, qui sont encore enterrés sur notre sol national. C’est d’ailleurs ce lien tout particulier qui a fait qu’ensuite plusieurs sont restés, ont étudié en France, et des générations entières de dirigeants chinois, nous l’avons un peu oublié aujourd’hui, ont appris la France, connu la France dans les années 20 et 30, de Zhou Enlai à Deng XIAOPING, ce lien s’est pendant des décennies confirmé, il était lié parfois à des choix politiques, d’autres fois des choix économiques, mais la Chine et la France ont toujours eu cette histoire particulière. Cette histoire à irrigué, pour certains d’entre vous, vos vies, votre présence ici en Chine, et pour près de 500.000 Chinois leur présence en France.

Nous avons aujourd’hui en France la première diaspora chinoise d’Europe, ce qui est une force et un caractère inédit, et je veux ici, aussi, je dirais par esprit de symétrie, saluer ces derniers qui sont en quelque sorte le contrepoint de votre présence ici, et puis parce que je sais que parfois certains partagent leur vie entre des familles de binationaux de part et d’autre de nos deux pays. Cette histoire c’est la nôtre, c’est le lien franco-chinois, celui que vous avez décidé d’embrasser, celui dans lequel parfois vous êtes né, et celui qu’il nous faut aujourd’hui poursuivre.

Le poursuivre en le réinventant parce que, il y a votre réalité du quotidien, et de nombreux défis. Les entreprises dans lesquelles vous travaillez obtiennent ici de brillants résultats, dans le nucléaire civil, l’aéronautique, la ville, les transports, les énergies renouvelables, le luxe, la gastronomie, le sport, l’automobile, le numérique, l’agroalimentaire, le tourisme, la santé, et j’oublie sans doute d’autres secteurs, les médias, et l’objectif est bien pour vous, pour nous, d’apporter des réponses aux nouveaux défis chinois, et à cette transformation, cette montée en gamme, cette émergence d’une classe moyenne forte, avec des grandes entreprises établies depuis longtemps, mais aussi des start-up à la conquête d’un marché en plein développement.
Vous contribuez aussi à faire mieux connaître notre culture, notre art de vivre, notre langue par le réseau de la douzaine d’alliances françaises, avec 45.000 apprenants, les 150 départements de Français des universités chinoises, et j’y reviendrai, vous êtes, pour certains d’entre vous, étudiants, nous en avons environ 10.000, constituant le premier contingent européen en Chine, et vous avez raison, car nous aurons besoin de votre connaissance et de votre pratique du pays.

Mais je sais aussi le quotidien que vous vivez, les difficultés parfois d’accès aux marchés, ou les contraintes administratives, les conceptions différentes sur le plan social et politique, la pollution et les problèmes environnementaux, même si j’ai constaté avec plaisir, durant ces quelques jours, que des décisions radicales qu’on nous avait annoncées donnent une clarté d’air inédite dans Pékin, mais je sais que ça n’avait pas toujours été le cas, et sur toutes ces questions, croyez bien que nous continuerons à tout faire pour que votre vie, ici, soit meilleure, plus facile, plus simple, et je m’en suis entretenu avec le président Xi justement à cet effet.

Alors, les quelques mots que je voulais vous dire consistent essentiellement à expliquer que nous sommes aujourd’hui à un moment inédit de la relation et que ce moment inédit nous permet d’avoir un agenda profondément nouveau pour celle-ci, qui ne consiste pas à faire table rase du passé, parce que ce n’est pas la bonne méthode avec ce pays que vous connaissez et aimez, et parce que d’ailleurs ce ne serait pas notre intérêt, mais nous pouvons nourrir une nouvelle ambition.

Le moment que nous vivons est inédit et est une opportunité. D’abord parce que nous avons des défis en commun, j’y reviendrai, le climat, les grands déséquilibres internationaux, la Corée du Nord aux frontières de la Chine, et des grandes transformations, le numérique, la transition environnementale, qui sont posées à nos sociétés et sont au cœur de nos préoccupations. Et quand je regarde ce qui a été mis au cœur de ces préoccupations par le Président Xi, c’est très proche, pour beaucoup d’entre elles, des préoccupations que nous avons, avec des réalités différentes, des défis dont la nature et l’exécution sera différente, mais les inégalités au sein de la société, la lutte contre le réchauffement climatique, l’enjeu du vieillissement de la population, trois grands enjeux, mis au cœur de son agenda de réformes, sont au cœur du nôtre. Et donc ce moment crée une convergence de vues et d’intérêts.

Ensuite, le moment chinois est tout particulier. Le 19e Congrès a réaffirmé le président, son autorité, et lui a donné cinq années, avec cet agenda nouveau que je viens d’évoquer, et je crois qu’il n’y a rien d’innocent dans le fait que la France soit la première visite européenne juste après ce 19e Congrès, la première visite de l’année calendaire, et pour ma part la première visite d’État en Asie. Et puis ça correspond, ensuite, et enfin, à un moment français.

Le choix fait par nos concitoyens, que vous avez fait, et, je dois le dire, si largement porté en mai dernier, c’est le choix d’embrasser ce grand basculement du monde, et non pas de dire que la France doit le suivre bêtement, servilement, s’y adapter simplement, non, mais le fait de dire que la France doit mener des transformations profondes pour y réussir.

Nous avons commencé, à marche forcée, à mettre en œuvre ces premières transformations, sur le marché du travail, sur le plan du système éducatif, de l’enseignement supérieur, de la formation continue, et le semestre qui s’ouvre donnera lieu justement à des réformes en matière d’apprentissage, de formation continue, de réforme du chômage, la poursuite de la réforme de l’éducation et du baccalauréat, des vraies transformations économiques, qui, après les lois financières de la fin d’année qui ont changé en profondeur le système fiscal pour permettre de mieux récompenser la réussite, de mieux valoriser le travail et d’encourager davantage le financement en capital de notre économie, vont permettre d’accélérer et de faciliter la croissance de nos entreprises. C’est une vraie transformation de notre modèle productif pour être plus environnemental et écologique, de notre modèle agricole, et donc toutes ces grandes transformations visent à faire de la France un pays pleinement compétitif, un pays qui cherche à être leader dans de nombreux secteurs de marché économique et de recherche, qui retrouve sa place, son rang, et qui, dans une économie de l’innovation et de la compétence parvient non seulement à former, mais à garder et à attirer les talents, qui permettent d’y réussir.

Et un pays qui, dans le même temps, pense la capacité à inclure tous et toutes dans cette réussite, et c’est tout l’enjeu de notre défi éducatif et de la formation tout au long de la vie, nous aurons des millions de Françaises et de Français à reformer, en raison des chocs technologiques et des transformations, et je crois que le changement profond qui est aujourd’hui porté par le gouvernement, le changement je dirais conceptuel, que notre pays est en train aujourd’hui de porter, de digérer, c’est celui qui consiste à dire n’ayons plus peur du monde qui s’ouvre. Cherchons à le comprendre, cherchons à être les meilleurs dans celui-ci, c’est notre défi en matière de recherche et d’éducation, mais cherchons non pas à protéger nos concitoyens de ce changement, mais à les protéger dans ce changement, et donc d’accepter que certains secteurs se restructurent, mais pour être encore plus compétitif sur d’autres, créer de nouveaux emplois et former nos concitoyens pour ce faire.

Cette transformation est en train de produire ses premiers effets dans la confiance que les Français, les entrepreneurs, les entreprises, ont dans notre économie et son avenir, et les premiers résultats viendront progressivement, à mesure que ces réformes se mettent en application, se déploient et sont pleinement appropriées par les acteurs économiques.

Vous avez, dans ce contexte, votre rôle à jouer, et il est éminent, parce que vous êtes des passerelles, vous avez un peu de la croissance mondiale dans vos mains, et je souhaite que vous puissiez, là aussi, d’où vous êtes, dans les échanges, vos allers-retours, dans le regard que vous portez sur la France et les activités que vous continuez parfois à y conduire, que vous preniez votre part justement de ces transformations, d’une nouvelle confiance française, de ce que j’ai appelé cette renaissance, dont nous avons besoin.

Cette situation nous donne une capacité à reprendre des initiatives européennes, ce que j’ai fait dès la fin de l’été dernier, et à porter une ambition pour une Europe plus souveraine, plus unie et plus démocratique. Et cette ambition, nous l’avons affirmée dans un agenda clair, nous sommes aujourd’hui en train de convaincre progressivement nos partenaires, et l’année 2018 sera l’année qui nous permettra de continuer à prendre des décisions concrètes de court terme, nous l’avons déjà fait en matière de défense, nous allons continuer en termes de migration, nous l’avons fait également en termes de protection de nos intérêts stratégiques, et d’agenda commercial, mais il nous faut, dans le renforcement de la zone euro et sa plus grande intégration, dans une plus grande ambition à horizon 10, 15 ans, repenser les termes de notre Europe et porter une refondation en profondeur avec tous les Etats membres qui souhaiteront accompagner cette initiative.

Il y a donc un moment français, qui nous permet d’envisager différemment la relation avec la Chine, et aussi d’apporter ce visage, qui est tout à la fois français et européen, dans les échanges et le partenariat que nous voulons nouer, ce fut l’ambition de ce déplacement effectué avec les ministres, je veux les remercier pour leur présence, qui chacun dans leur domaine ont pu justement réaffirmer cette stratégie et cette volonté. Les messages étaient simples : la France est là, elle se transforme, elle est forte, et elle porte une ambition européenne, et l’Europe est là, avec cette volonté de redevenir une puissance économique, sociale, environnementale et scientifique, qui puisse, vis-à-vis de la Chine et des Etats-Unis, tenir son rang et porter sa part d’ambition.

C’est parce que nous sommes justement dans ce moment que nous pouvons articuler un agenda nouveau d’actions pour la relation entre nous. J’ai évoqué il y a 2 jours, dans le discours que j’ai tenu à Xian, cette volonté d’articuler la relation autour d’un triptyque, l’intelligence, la justice et l’équilibre, qui permet, dans la relation bilatérale, régionale et mondiale, de repenser aussi une partie des termes de notre relation, et c’est ce que nous nous emploierons à faire sur le plan diplomatique, mais aussi économique, scientifique, agricole, et j’y reviendrai. Et nous avons, pour décliner ce triptyque justement, un agenda global, un agenda bilatéral et un agenda, sino-européen.

L’agenda global c’est la volonté en commun d’embrasser les grands défis du monde que j’évoquais, qui correspondent à notre moment, c’est d’abord notre défi commun qu’est le climat, et je dois dire que nous avons, sur ce sujet, des convictions communes, des intérêts parfaitement alignés, et une volonté qui s’est pleinement réaffirmée dans les derniers mois. Lorsque la France a permis de conclure les accords de Paris, en 2015, la Chine était présente, et elle a d’ailleurs permis la conclusion pour partie de ces accords, puisque je vous rappelle que lorsqu’elle n’avait pas encore décidé de s’engager, si je puis utiliser cette formule, elle n’avait pas permis à Copenhague d’obtenir les décisions souhaitées. Et donc, dans ce contexte, nous nous sommes pleinement engagés, et la Chine a réaffirmé cet engagement à l’été dernier lorsque les Etats-Unis d’Amérique ont décidé de se retirer de l’accord de Paris.
Il est donc essentiel maintenant que nous donnions encore plus de force, et de mobilisation, à ce cadre que nous tenons ensemble. Ce sera d’abord à travers des initiatives en commun que nous avons réaffirmées, la Chine organisera en 2020 une importante conférence sur la biodiversité, la France sera à ses côtés. Et la France a pris l’initiative d’un pacte mondial pour l’environnement, que nous souhaitons voir aboutir en 2020, et que nous avons présenté en septembre, et nous avons pleinement associé la Chine qui sera, sur ce plan, à nos côtés.

Ensuite, il y a la mise en œuvre, la déclinaison des engagements que nous avons pris, ce qui suppose plus de coopération scientifique, technique, et entrepreneuriale, et ces deux jours ont marqués, en la matière, des avancées importantes. Nous venons, ce matin, avec plusieurs ministres, et Laurent FABIUS, et Jean-Pierre RAFFARIN, d’aller voir justement le partenaire du CNES qui, ici, a pris une initiative conjointe avec nous pour lancer dès l’année prochaine un satellite qui permettra d’observer davantage les océans et le mouvement des vagues. Nous avons ce partenariat en termes de climat, que nous allons continuer à décliner, qui, au-delà de nos initiatives européennes, va permettre, dans les prochains mois et les prochaines années, de mieux observer l’ensemble des phénomènes liés au réchauffement climatique, dans les océans, les émissions de CO2, et l’ensemble des phénomènes liés au gaz à effet de serre.

Ce partenariat scientifique nous l’avons aussi décliné avec plusieurs autres organismes, je pense à l’INRA, qui a signé aussi un accord important en la matière. Ça va nous permettre de mettre en œuvre justement une partie des engagements des accords de Paris, et donc de mieux observer les phénomènes, de partager les données, et de pouvoir utiliser pleinement ce que nous avons conclu lors du One Planet Summit du 12 décembre dernier à Paris, c’est-à-dire une capacité commune d’observation et de partage de l’information autour de cet Observatoire mondial du climat. Paris en sera le pays hôte, et nous aurons de nombreux partenaires mondiaux, dont nos amis chinois. C’est un élément dans ce partenariat, et je veux ici le souligner.

Ce partenariat il se décline aussi par les coopérations de recherche multiples que nous allons continuer à décliner, nous avons pris, à l’été dernier, cette initiative, « Make our planet great again », que j’ai essayé piteusement de décliner en chinois il y a deux jours, et je veux ici vous annoncer qu’il y a quelques minutes nous avons ouvert le site « Make our planet great again » en chinois, en mandarin, il est donc maintenant accessible à tous nos amis Chinois qui veulent s’y connecter. Il permet justement des plateformes collaboratives, il permet aussi, pour toutes celles et ceux qui veulent y souscrire, eh bien de venir, en tant qu’entrepreneur, en tant qu’étudiant chercheur, en France, sur la base de partenariats, et la ministre, il y a quelques semaines, à l’occasion justement du sommet du 12 décembre, a pu remettre les premiers aux principaux projets justement en la matière, et acter des premières collaborations scientifiques permettant à certains, à quelques chercheurs français de revenir en France, alors qu’ils étaient partis depuis longtemps en Californie ou ailleurs, mais surtout à des chercheurs du monde entier, de l’Inde, des Etats-Unis, d’Asie, d’Afrique, eh bien de venir s’installer en France et développer des projets d’excellence, sélectionnés sur plusieurs milliers.

Cet engagement pour le climat c’est celui que nous allons aussi avoir en termes d’engagements financiers, l’AFD en Chine contribue d’ores et déjà à hauteur d’1 milliard d’euros à des projets liés à la transition écologique ici même, elle va continuer cet engagement en la matière. Nous souhaitons aussi engager un partenariat accru en termes financiers autour de la finance verte, ce qui sera pour moi un des leviers d’ouverture d’accès mutuel de nos finances, et il est essentiel, en la matière, que nous puissions développer la profondeur de marché, de part et d’autre, pour financer beaucoup plus d’activités dans la transition écologique.

Nos organismes de recherche, CNRS et CEA en particulier sur ce domaine, renforcent aussi leurs liens et leurs exercices croisés pour une meilleure connaissance, développer des technologies communes, et je nous ai fixé aussi comme objectif d’aller plus loin sur certaines technologies critiques sur ce sujet, qui donnera lieu une feuille de route partagée que nous allons négocier dans les prochains mois.

C’est aussi le lien entre nos entreprises qui est essentiel. J’étais hier, avec plusieurs d’entre vous, dans un incubateur, et je souhaite que nous renforcions les liens entre nos start-up, nos entreprises de taille intermédiaire, et nos grands groupes, parce que la France doit être ce pays qui apporte les solutions technologiques à la Chine pour réussir sa transition écologique et environnementale. Ce défi est identifié, les technologies manquantes sont également identifiées, nous devons apporter une part de réponse, en protégeant notre propriété intellectuelle et nos intérêts bien compris, mais par un partenariat renforcé.

Le deuxième défi collectif que nous avons à saisir c’est celui de la sécurité collective, et sur ce sujet nous avons eu des entretiens fructueux avec le président Xi, tant sur la situation de la Corée du Nord et la lutte contre la prolifération, sans tomber dans l’escalade stérile pour régler ce sujet, comme la lutte contre le terrorisme, où le président a réaffirmé sa volonté d’être présent à nos côtés, et renforcer, en particulier en Afrique, les initiatives qui permettent d’articuler sécurité et développement.

Enfin, notre agenda mondial c’est évidemment celui qui se structure autour des nouvelles Routes de la soie, « One Belt, One road », et de l’initiative prise par la Chine. Cette initiative est structurante, elle est forte sur le plan économique et diplomatique, elle est forte dans sa part d’imaginaire embarquée, elle ne peut être ignorée. Tout en étant considérée, elle ne peut non plus être considérée naïvement, et donc il nous faut prendre notre part et nouer un dialogue, exigeant, et volontariste, autour de cette initiative, c’est cela ce que j’ai pour ma part expliqué au président Xi, avec la volonté justement d’y prendre notre part, sur de nombreux pays, rappelant, ce faisant, que les Routes de la soie ont toujours été des routes partagées, et le faire avec quelques convictions chevillées au corps.

La première c’est que, dans tous les pays où cette route passe, nous devons nous assurer d’un développement équilibré, qui permette aux entreprises du pays, aux sociétés civiles, de pleinement se développer, et partout de lutter contre la corruption. N’utilisons pas ces routes pour répliquer les erreurs du passé sur le plan économique ou politique, ce serait fatal, et c’est là où je pense que la France et l’Europe peuvent apporter, à cet égard, beaucoup, mais déclinons pleinement ces routes lorsqu’elles permettent de stabiliser des régions, ou des pays, qui ont besoin d’infrastructures essentielles et d’un accès.

Ensuite, ces routes doivent être celles de la coopération équilibrée, et donc elles doivent fonctionner dans les deux sens, et lorsque des trains arrivent à plein, ils doivent repartir à plein. Enfin, cette route doit aussi être cohérente avec notre engagement climatique, et ces Routes de la soie doivent être vertes, et il est évident que ce que nous voulons pour nos deux pays, réduire les émissions, permettre justement de faire face au réchauffement climatique, cet engagement doit se décliner, dans chacun des investissements, le long de cette route, et il ne serait pas cohérent de fermer d’un côté les centrales à charbon et de prétendre en réouvrir dans d’autres pays sous prétexte qu’ils auraient un rattrapage à faire, ouvrons, au contraire, les énergies propres, développons, là où c’est possible, le nucléaire civil, développons massivement le renouvelable, et permettons d’accéder à la technologie de meilleur niveau à chacun des pays de cette route. C’est donc la grammaire d’un nouveau multilatéralisme qui doit être ainsi permise à travers cette initiative.

Ensuite c’est un agenda bilatéral, que nous avons décliné, dans nos échanges politiques, stratégiques, dans les contacts que les ministres ont eu durant ces deux jours, et dans les contrats qui ont également été signés. Je l’ai dit, la philosophie qui est la mienne sur ce sujet n’est pas tellement d’afficher à chaque voyage présidentiel des montants faciaux de contrats, d’abord parce que vous qui vivez dans la durée ici, vous savez ce que ça vaut. Un voyage présidentiel, je me suis fait à cette idée, est une occasion qui permet d’accélérer la conclusion de certains projets ou de débloquer des choses qui étaient parfois enlisées depuis longtemps. Mais, en prétendant chercher un montant total de contrats, un interlocuteur avisé peut vouloir vous faire plaisir et le chiffre n’a jamais la réalité qui lui succède, et je reprenais la chronique des montants que nous avons parfois déclinés, il y a parfois quelques décalages. D’autres se sont mis fortement dans cette compétition, pensant que c’était le mantra de la relation bilatérale, pour ma part j’ai préféré une méthode qui consiste justement à débloquer humblement, à lister tous les sujets, et, en quelque sorte, à demander des résultats que nous allons vérifier.

Aussi, cette relation bilatérale, qu’elle soit scientifique, académique, économique, pour moi aura quelques lignes de force. La première c’est que je vais revenir régulièrement parce que je sais que la confiance ne se décrète pas et ne se produit pas comme par magie en un déplacement. Nous avons une chance, c’est notre relation historique, elle s’est renforcée ces dernières années, il est indispensable que nous la consolidions, c’est pourquoi j’ai pris la décision et j’ai annoncé que je viendrai au moins une fois par an en Chine. Ensuite, j’ai invité, dès l’année prochaine, le président Xi à se rendre à nouveau visite d’État en France, ce qu’il n’avait pas fait depuis 2014.

Enfin, j’ai souhaité aussi que dans la philosophie que nous partageons, il y ait, non pas une réciprocité, parce que c’est un terme sur lequel il y a eu beaucoup de malentendus et qui est parfois pris par nos interlocuteurs sur un plan strictement juridique, et donc contesté, mais plutôt ce que j’ai appelé une coopération équilibrée, et donc il faut regarder les déséquilibres qui existent, les désajustements, et essayer de les rattraper par le haut. La Chine a un déficit d’investissements en France, lié parfois à la peur qu’elle a suscitée, il faut lui permettre de rattraper ce retard, mais la France a un déficit d’accès au marché chinois, lié à des décisions prises, peut-être aussi a des craintes, il nous faut pouvoir rattraper ce retard.

Et donc, j’ai souhaité que nous puissions définir ensemble un agenda positif, permettant un meilleur accès des investissements, et un accès aux marchés réciproques, ce qui ne veut pas dire, pour être parfaitement clair, que je propose que ce soit les entreprises européennes, rachetées par nos amis Chinois, qui puissent accéder au marché chinois, je souhaite que ce soit une pleine réciprocité et un chemin parallèle et ambitieux, mais je pense que c’est possible et que cela suppose une organisation, que nous allons avoir, et les ministres vont pleinement s’engager en la matière, plus particulièrement le ministre des Affaires étrangères et son collègue de l’Économie, pour définir une feuille de route très volontariste sur ce sujet, qui permettra de combler nos déficits.

Nous avons néanmoins pu acter plusieurs premiers résultats très positifs lors de ce déplacement. Notre coopération sur le nucléaire civil franchit aujourd’hui une étape historique, le premier EPR à ouvrir au monde, ce sera l’EPR chinois à Taishan, ce qui est très important pour la filière, ce qui est, je crois, un signe de confiance, pour toute la filière et pour notre partenariat. Et, dans le trimestre, sera conclu, ce qui permettra au ministre de revenir dans le trimestre en Chine, l’ouverture de l’usine de retraitement, qui est une étape importante, après des années, même plus de 10 ans, de discussions. C’est une étape très importante dans notre stratégie du nucléaire civil et climatique, et c’est une nouvelle page qui s’ouvre à cet égard.

Nous avons également signé plusieurs contrats, en matière d’énergie, de santé, de sport, de patrimoine, de tourisme, d’échanges universitaires, d’innovation, autant de secteurs essentiels aujourd’hui aux besoins de la Chine, et nous avons réussi à obtenir des avancées importantes sur le plan de l’agroalimentaire. L’agriculture et l’agroalimentaire étaient pour moi une des priorités de ce déplacement, parce que la fermeture du marché chinois était un vrai handicap pour nous, et je veux insister sur ce point, le ministre y a beaucoup contribué et continuera son effort, il y a plusieurs entreprises de ce secteur important dans la salle. Nous allons continuer la pénétration du marché pour les vins et spiritueux, où nous sommes forts et appréciés, mais il nous faut aller encore plus loin sur plusieurs sujets.

Nous rouvrons le bœuf, et nous avons acté hier, dans la déclaration commune, que d’ici à 6 mois tous les détails seront réglés, qui permettront le plein accès, non pas un accord de principe, mais le plein accès. C’est fondamental pour nos éleveurs, ils le méritent, nous avons un bœuf de qualité, et le marché chinois doit être pleinement développé. Et je compte d’ailleurs sur tous les acteurs de la gastronomie française pour accompagner cette poussée, il y en a beaucoup dans la salle, parce qu’il doit y avoir un renforcement de notre gastronomie qui est ici très forte, et de nos produits français en la matière.

Nous allons continuer ce travail, sur le porc, la volaille, les fruits et légumes, et donc c’est un agenda très offensif que nous avons sur ce sujet, parce que ça répond aux besoins chinois, et ça répond à nos intérêts. Et je veux ici faire comprendre à toute notre filière agroalimentaire et agricole, que le commerce ce n’est pas simplement quelque chose qu’on subit, on peut aussi négocier des accords pertinents, offensifs, et de développement, et nous le ferons aussi pour le lait.

Ensuite nous avons, hier, installé un Conseil d’entreprises franco-chinois, qui nous permettra d’être mieux à l’écoute des milieux économiques, alors que la relation est forte, installée, que depuis 1964 les échanges sont officiels, nous n’avions pas un tel Conseil économique, et donc nous avons pu créer ce groupe d’entreprises, de toutes tailles et de tous secteurs, entre Français et Chinois, qui permettra de faire vivre l’agenda concret de notre relation économique, ce qui est à mes yeux très structurant.
Nous avons également acté plusieurs avancées en matière de coopération décentralisée, parlementaire, humaine, et identifié aussi trois nouveaux secteurs de coopération d’avenir sur lesquels je veux ici insister, l’industrie du futur, l’intelligence artificielle et la Silver économie. Sur ces trois sujets, nous avons des perspectives extrêmement fortes.

Sur l’industrie du futur, nous avons commencé les discussions, le président Xi s’est montré extrêmement ouvert sur ce sujet, et je souhaite que dans les prochaines semaines qu une mission, justement du comité de pilotage de l’industrie du futur, sous l’autorité du ministre, puisse se rendre en Chine, structurer nos efforts en la matière, et permet de renforcer encore les développements et les partenariats en termes de logiciels, d’investissements, et d’investissement en capital humain.

En matière d’intelligence artificielle, une réunion importante s’est tenue hier, plusieurs d’entre vous étaient présents, la Chine a une avance considérable, il nous faut là aussi développer nos partenariats, l’INRIA a commencé à le faire, et il y a eu plusieurs partenariats liant Saclay à des acteurs justement de l’intelligence artificielle et de la recherche en la matière, nos entreprises doivent développer ces partenariats encore davantage, et nous devons négocier des protocoles d’accès aux données pour faire encore plus.

Sur la Silver économie, nous avons là, je crois, vraiment un avantage compétitif, un vrai savoir-faire, et l’implication de l’INSERM, là aussi de l’intelligence artificielle, de toute notre filière de santé, et la ministre s’est beaucoup impliquée sur ce sujet, permettra, je le sais, de répondre aux demandes et aux besoins du marché chinois, et je pense, nous permettra aussi, en termes de recherche et de création de valeur, de faire encore davantage.

Nous avons également ouvert la perspective de coopérations en matière de finance et de droit, deux sujets sur lesquels nous avons une tradition, une culture, non anglo-saxonne, qui doit nous permettre de faire davantage. Nous avons une finance moins « intermédiée » par le marché, et nous avons un droit moins contractuel que le droit anglo-saxon, de part et d’autre. Et donc j’ai souhaité que nous puissions multiplier les échanges croisés, techniques, mais aussi les plus grands accès au marché de nos acteurs, de part et d’autre de nos frontières.

En matière de sport il y a également des perspectives, j’ai remercié la Chine pour son aide pour l’obtention justement de la candidature de 2024, et nous avons acté une coopération toute particulière sur le plan technique et des différentes filières pour enchaîner les échéances 2022-2024 en la matière, ce qui nous permettra d’avancer.
Enfin, il y a l’agenda culturel, sur le plan bilatéral, qui revêt une importance toute particulière à mes yeux. Nous étions encore hier soir, avec mon épouse, dans une galerie qui nous a permis d’ailleurs d’admirer une partie de l’excellence de l’art contemporain chinois, avec la volonté d’inviter plusieurs des artistes, que nous avons vus en France, dans les prochains mois, et je souhaite que nous puissions, dans les 2 ans qui viennent, multiplier les expositions sur l’histoire de la Chine, sur l’art contemporain, sur les Routes de la soie, pour permettre une meilleure compréhension et permettre aussi de multiplier les expositions, je pense à l’exposition qui avait été organisée à Versailles, que nous pourrions tout à fait déployer ici en Chine, améliorer aussi notre compréhension réciproque. A ce titre, nous avons ouvert une coopération nouvelle sur le patrimoine, c’est pour moi une étape essentielle, mais nous devons aller plus loin, l’école française est excellente en la matière, et nous pouvons faire encore davantage, j’ai vu toutes les potentialités à Xian il y a deux jours. Nous avons confirmé de grands projets culturels à venir, comme le Centre Pompidou provisoire à Shanghai, ou les Rencontres d’Arles à Xiamen. Et je souhaite que, sur ce sujet, nous puissions multiplier les initiatives, avancer sur la diffusion du cinéma français, fixer des nouvelles orientations, et pour moi cette diplomatie culturelle est essentielle en ce qu’elle permet de réduire les différences, mais aussi de porter un visage fier, conquérant, de notre pays, et apprécié ici en Chine.

Cette diplomatie culturelle c’est aussi une diplomatie linguistique, et je veux ici vous dire combien je porte et je nourris beaucoup d’ambition pour le français, et le ministre aussi, dans son activité au quotidien. Il y a d’abord une initiative qui a été commencée par le président Xi de développer le français dans les écoles chinoises, et hier, dans la Cité interdite, avec une école justement de Chinois parlant le français grâce à cette coopération, je souhaite que nous puissions le développer. Mais nous allons, dans les six mois à venir, construire une feuille de route commune pour développer davantage nos écoles françaises et nos alliances françaises, avec l’aide de nos partenaires Chinois, et permettre aux Instituts Confucius de développer davantage dans la relation bilatérale et réciproque, ainsi que dans les pays tiers où nous sommes en partenariat, la promotion de nos langues.

Le français est une opportunité pour les jeunes Chinois, pour mieux comprendre l’Afrique, pour accéder à un espace linguistique d’affaires et culturel inédit dans le monde, et je pense qu’il vous faut aussi, dans votre quotidien ici, le pousser, le promouvoir, et constamment le défendre, et je compte beaucoup sur vous en la matière.

Enfin, cet agenda renouvelé c’est un agenda euro-chinois, et je serai, sur ce point, très rapide. J’ai souhaité que la France puisse porter une partie du visage de l’Europe, ici, compte tenu des initiatives que nous avons prises, mais, pour dire aussi à la Chine que l’Europe est une puissance qu’elle doit considérer, et que, au moment où les Etats-Unis doutent de leur engagement climatique, remettent en cause des équilibres du commerce international, ou peuvent parfois s’avérer inattendus sur la résolution de certaines crises régionales, vitales pour la sécurité collective, la France est là, et avec elle l’Europe, comme un partenaire stable, mais qui doit être plus uni. L’Europe est souvent arrivée divisée face à la Chine, et la Chine ne peut pas respecter un continent, une puissance, où une partie des États membres se donnent, en quelque sorte, toutes portes ouvertes. La Chine sait ce qu’est un secteur stratégique, et donc quand la France, en Europe, défend la protection de certains secteurs stratégiques, sur le plan de la recherche, ou des entreprises, c’est bon pour nous et c’est bon pour le dialogue euro-chinois, parce que la Chine, qui est une grande puissance, ne respecte pas un pays où il est facile d’acheter à l’encan des infrastructures essentielles, des éléments de recherche à haute valeur ajoutée, ce n’est pas vrai, mais de l’autre il ne faut céder à aucune peur ou frilosité injustifiée, et donc l’Europe doit définir, dans les mois à venir, une véritable feuille de route lisible, qui permette de développer là aussi l’accès au marché et les investissements, mais qui assume d’avoir des éléments de protection où l’ouverture n’est pas possible, ou en tout cas plus difficile. La France jouera, à cet égard, un rôle décisif, nourri par justement la philosophie que nous avons retenue pour notre relation bilatérale.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire. Vous savez que, au-delà de votre présence, de celle de la diaspora, il y a quelques liens symboliques qui nous lient, nous avons, en France, un panda, qui vient de Chine, maintenant toute une famille, nous avons, depuis quelques jours, un cheval qui vient de France et qui restera ici. J’ai souhaité en effet, non pas copier la diplomatie du panda, mais ouvrir aussi une forme plus symbolique, mais vivace, de diplomatie partagée. Ce cheval, qui nous a précédé, et que j’ai offert officiellement hier au président Xi, c’est un cheval français, un selle français qui vient de Normandie, et qui a été formé, dressé, à la Garde républicaine, et je remercie la Garde républicaine pour sa présence et le Général est là, qui nous accompagne, et je souhaite que ce cheval soit le symbole de notre amitié, de ce partenariat, il va venir rejoindre les écuries présidentielles, mais qu’il soit aussi l’occasion d’un lien nouveau, tout particulier, avec notre Garde républicaine, et permette, là aussi, de tresser la nouvelle voie de ce partenariat. Ce symbole est là pour dire, au-delà de tout ce que je viens de rappeler, combien nous pouvons aujourd’hui, en raison du moment que nous vivons dans nos deux pays, construire un agenda ambitieux, de coopération équilibrée, qui est à la fois positif pour nos deux pays et nous permette d’aborder nos défis, et les défis de la planète, de manière très volontariste.

Dans ce contexte-là les gouvernements auront un rôle important, les ministres seront pleinement mobilisés, mais vous avez au quotidien un rôle absolument décisif. Et dites-vous vraiment à chaque instant que vous portez une partie de cette responsabilité et de cet agenda, que nous serons toujours à vos côtés pour faciliter justement votre travail, votre action, votre implication, plus vous réussissez ici, plus la France réussit, mais dites-vous aussi qu’à chaque instant il faut voir comment permettre à la Chine de relever les défis qui se sont les siens, parce que ça renforcera encore notre légitimité dans ce pays, et voir comment cette coopération et votre présence ici permet à la France d’être plus forte, permet à la France de créer davantage d’emplois, d’être à la pointe justement des défis du siècle qui s’ouvre, parce que vous n’êtes pas des Français du bout du monde, séparés des défis de l’hexagone, vous êtes au cœur de ce dernier, et c’est pourquoi je suis toujours extrêmement attaché à m’exprimer devant les communautés françaises partout où je me déplace. Vous avez une part de cette transformation du pays dans vos mains, vous avez une part de cette responsabilité, et nous ne pourrons pas changer le pays si nous considérons que nous le faisons en regardant hier, ou que ceux qui sont à des milliers de kilomètres n’ont pas leur rôle à jouer et leur place dans cette aventure.

Et donc, pour toutes ces raisons, je compte aussi beaucoup sur vous, pour la réussite et la transformation de la France, pour la réussite de la présence française en Chine, et pour la réussite de l’amitié franco-chinoise. Je vous remercie.

Vive la République et Vive la France.

publié le 16/01/2018

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