Business France : La visite du Président Emmanuel Macron en Chine et le forum Coopération Franco-chinoise en Intelligence Artificielle [中文]

Très attaché aux nouvelles technologies, le Président de la République française Emmanuel Macron a souligné pendant son déplacement en Chine la semaine dernière les nombreux rapprochements entre les deux pays, et notamment sur l’innovation où Chine et France sont deux nations particulièrement dynamiques. Le forum organisé le 9 janvier à Soho 3Q (Pékin) par l’Ambassade de France en Chine et Business France a mis à l’honneur la coopération Franco-chinoise en Intelligence Artificielle, faisant intervenir de nombreux spécialistes français et chinois issus de divers horizons sous la houlette de Cédric Villani, mathématicien français de renom, en présence du Président de la République Française Emmanuel Macron.

JPEG La visite du Président Emmanuel Macron en Chine et le forum Coopération Franco-chinoise en Intelligence Artificielle sous la houlette de Cédric Villani, mathématicien français de renom ©Soho, YAO Wenhao

L’intelligence artificielle est aujourd’hui une discipline cruciale car elle s’applique à tous les domaines et les enjeux sont de taille. Accenture, entreprise leader mondial en conseil, prévoit que l’intelligence artificielle sera à l’origine de l’augmentation de la productivité française de 20% d’ici à 2035 et pourrait doubler les taux de croissance des pays développés. Les outils développés avec l’aide de l’IA engendreront des mutations massives du travail dans un futur proche, tant sur les tâches à accomplir que sur l’organisation de l’entreprise ou sur les compétences recherchées, modifiant les équilibres actuels dans tous les secteurs d’activité.

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Face à ces enjeux énormes sur l’évolution de nos sociétés, l’IA suscite dans le monde entier une forte mobilisation depuis le niveau étatique jusqu’aux start-ups, autant pour développer les outils permettant de collecter, analyser et utiliser les données de nos objets connectés que pour définir le cadre législatif qui entoure ces avancées.

La Chine et la France, deux acteurs qui comptent. En juillet 2017, la Chine a affiché son ambition de devenir le leader mondial de l’IA d’ici à 2030, avec un poids économique de 50 milliards d’euros en 2025 et plus de 130 milliards en 2030. Le pays est déjà très impliqué dans cette spécialité : pour preuve, la croissance impressionnante du nombre de publications émanant d’équipes chinoises dans les conférences internationales – plus du tiers des articles présentés à la conférence IJCAI (International Joint Conference on Artificial Intelligence) d’août 2017. La Chine a les moyens et prédispositions pour devenir leader en la matière : elle possède un nombre quasi-infini de données, des entreprises et des laboratoires de recherches attractifs pour les scientifiques, un environnement technologique bien établi, et une volonté politique qui place l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie en apportant soutien et financements.

De son côté la France est particulièrement reconnue pour son expertise en intelligence artificielle dans le monde entier, pour 3 raisons majeures : d’une part l’excellence des formations nécessaires à cette discipline, d’autre part par la qualité de la recherche, et enfin pour son écosystème très développé et favorable à l’innovation et à la création de start-ups.

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D’un point de vue de la formation, l’école mathématique française est excellente et confère à la France des atouts inestimables dans les disciplines concernées par l’intelligence artificielle : mathématiques, informatique, algorithmique avancée, sciences du comportement humain, qui s’ajoutent au fort esprit d’entreprenariat. La performance française sur la formation de ses ingénieurs et chercheurs peut s’expliquer partiellement par la qualité et l’exigence des programmes d’enseignement français en intelligence artificielle.

Cette excellence reconnue conduit même les géants américains à prospecter activement en France, soit pour y localiser des centres de recherche et de développement, soit pour attirer les meilleurs professionnels outre Atlantique. Facebook a d’ailleurs annoncé cette semaine un investissement de 10 millions d’euros dans son laboratoire français dédié à l’intelligence artificielle d’ici à 2022.

L’excellence de la formation confère à la recherche française une notoriété mondiale. Près de 5500 chercheurs sont actifs dans le domaine de l’intelligence artificielle, répartis sur 268 équipes de recherche appartenant à l’INRIA, au CNRS (Universités et écoles), mais également au CEA, à l’ONERA, à l’IMT ou à l’INRA. En nombre d’articles publiés sur les conférences internationales, la France se classe généralement en 3ème position, et les publications se retrouvent dans des journaux spécialisés les plus sélectifs au monde.

La France compte de nombreux profils d’excellence mondialement reconnus. La qualité des chercheurs français est d’ailleurs établie par les nombreuses contributions au plus haut niveau dans des sociétés à la pointe des technologies d’intelligence artificielle (Facebook, Google, IBM, Microsoft) et des institutions de recherche prestigieuses (Université Carnegie Mellon, Université de Monréal, ou encore l’Université de New York).

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Sur le plan économique, la recherche trouve en France un champ d’application au sein d’un l’écosystème start-up est incontestablement en plein essor.
Une partie de l’innovation française est portée par plus de 350 start-ups dont une bonne partie fait usage des technologies d’IA (notamment en apprentissage automatique et traitement du langage naturel) et dont les applications en tête sont la robotique, les services aux entreprises et les développements en santé. Par ailleurs, les sociétés avec un développement parallèle basé sur le e-commerce (Criteo, Vente-privée, …) font un usage croissant de l’apprentissage automatique.

Le nombre de « start-ups » en IA a bondi avec une création de +30 % par an depuis 2012 en France. Ces sociétés sont à plus de 50 % localisées à Paris.

A titre de comparaison, une étude conduite par le cabinet Sirris montre qu’en 2016 la France se classe 2ème pays européen en levée de fonds pour l’IA.

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Compte tenu des opportunités offertes générées par l’IA et des mutations en cours dans tous les domaines, la France et la Chine possèdent des atouts indiscutables leur permettant de figurer parmi les leaders de la discipline. La collaboration entre nos deux pays, initiée au plus haut niveau lors de la visite du Président Emmanuel Macron en Chine et la tenue du forum du 9 janvier, constitue un formidable élan pour mettre à profit les forces de chaque pays à tous les niveaux, des institutions aux start-ups, et permettre l’émergence de success-stories. Le programme d’accélération Impact China, dont l’édition 2018 est lancée ce 22 janvier par Business France et Bpifrance, contribue à ces réussites franco-chinoises ; cette année encore 5 pépites de la tech française viendront se déployer sur le marché chinois.

publié le 31/01/2018

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